home

 lusamut.net - français

  Bibliothèque

Vartan d’Ayguek


 

 

 

 

Vartan d’Ayguek

 


Traduit de l'arménien  par Mariam Tancrez.

Vous pouvez nous faire part de vos questions ou commentaires relatifs à cette traduction

à l’adresse suivante : editorial-office@lusamut.net

Nous serons heureux de les recevoir et de leur donner suite.


 

Exhortation du docteur de l’Eglise Vartan d’Ayguek au sujet du bavardage et de la malveillance

Exhortation sur l’amour du Docteur de l’Eglise Vartan d’Ayguek

Au sujet des orgueilleux et des rancuniers

Exhortation de Vartan d’Ayguek adressée à tous les prêtres et au peuple des fidèles

 

 

Exhortation du docteur de l’Eglise Vartan d’Ayguek

au sujet du bavardage et de la malveillance

 

Mettez désormais une bride à votre bouche, mes fils, de la communauté des hommes, et vous, mes filles, de la communauté des femmes, et réfrénez votre langue, qui est un petit membre de votre corps, mais lacérant et sanguinaire, et un fauve plus méchant que le lion ou le dragon.

Pour cette raison, le saint Apôtre Jacques écrit : « A celui qui ne réfrène pas sa langue, il ne sert à rien d’être chrétien, et inutiles et vaines sont toutes ses œuvres. »( Jacques 1,26, de mémoire). Puisqu’il dit : « La langue aussi est un feu, dont est paré l’injuste Satan.»( Jacques 3,6, de mémoire), et leur langue est la langue du premier serpent.

A ce propos, David s’exclame: «Garde ta langue du mal»(Psaume 33,14, de mémoire), car le silence est une grande vertu.

Salomon dit aussi : «La mort et la vie sont dans la main de la langue»(Proverbe18,21), et l’âme de celui qui dit des paroles méchantes et mauvaises est morte, tandis que l’âme de celui qui dit des paroles bonnes et utiles est revivifiée.

Le grand Paul prive très justement du Royaume les médisants, les bavards, les calomniateurs, les agitateurs et les flatteurs, avec les meurtriers, les prostituées et les autres malfaiteurs (Cor.I. 6,10, de mémoire), les considérant dignes du feu inextinguible et les appelant les habitants des ténèbres.

Aussi, il faut qu’à l’instar de l’évêque qui fait entendre des paroles d’anathème dans son diocèse, le prêtre les rapporte au peuple dix fois par an, afin que ceux qui craignent Dieu s’en effraient, se gardent loin des pêcheurs et se rapprochent du Christ, et que les non repentants soient anathématisés, pour que plus une bénédiction ne pénètre chez eux, ni celle du mariage, ni celle du baptême, qu’aucune prière ne s’élève pour leurs morts, et qu’ils ne soient plus appelés chrétiens, car ils se sont élevés contre le Christ et contre ses commandements. Qu’ils ne reçoivent pas la communion de l’agonisant, et ne soient pas enterrés par le prêtre, que ni sacrifice ni messe ne soient célébrés pour de telles personnes. Que Dieu les prenne en pitié, car ils n’ont pas eu pitié d’eux-mêmes. Les bergers distinguent leurs propres brebis des brebis étrangères, tandis que le prêtre ne reconnaît pas celles de son troupeau spirituel, et ne sait pas qui appartient à Dieu, et qui est à Satan. Qu’ils distinguent les chrétiens parfaits. Voilà la façon de les choisir : ceux-ci promettent devant Dieu et  tiennent leur promesse : ils n’élèvent plus d’injures et ne salissent plus leur bouche qui bénit, ils ne souillent pas le lit étranger et ne commettent pas le vol, qui est un péché impardonnable et indescriptible, ils ne prêtent pas faussement serment, ce que le Seigneur a interdit, en disant : « Ce qui est en plus du oui et du non vient du mal. »(Matt. 5,35, de mémoire), ils ne trompent ni par les péchés, ni dans leur négoce, et ne souhaitent le mal à personne, ni dans leur cœur, ni en l’accomplissant. Pendant le jeûne, tous leurs membres restent propres sans commettre le vol, et se tiennent à l’écart des œufs, du vin et des nourritures grasses. Ils ne s’enivrent pas, car le buveur et le meurtrier souffriront de la même manière. Ils prient trois fois par jour : la femme et ses filles font soixante génuflexions, en disant « Dieu Saint » et « Notre Père », en présentant leurs demandes et leurs supplications, afin qu’elles soient gardées dans la paix et soient sauvées de toutes les tentations corporelles et spirituelles. Et le prêtre sert par son ministère ceux qui restent dans le bercail de Dieu, qui marchent sur le chemin du Christ en accomplissant son commandement, selon la parole : « Ne donnez pas votre sainteté aux chiens, et ne jetez pas vos perles aux cochons, afin qu’ils ne les piétinent pas. »(Matt.7,6, de mémoire).  De même, l’homme et ses fils font trente-six génuflexions en disant également « Dieu Saint » et « Notre Père », bénissent Dieu, glorifient Son nom, confessent leurs péchés, demandent le pardon de leurs fautes, et Lui rendent grâce.

L’ « anathème » se traduit par « séparation », et l’homme qui, à cause de ses péchés, est séparé de Dieu et qui ne se repent plus est anathématisé selon toutes les paroles des Livres. Mais les fous n’ont pas entendu et ne savent pas que Dieu a dit : « Vos péchés sont devenus un rempart entre vous et moi. » (Esaïe 59,2, de mémoire).  Et le prophète dit : « Maudits sont ceux qui se sont écartés de Tes commandements. » (Psaume 119,21). Moïse dit, comme il est rapporté dans le Deutéronome : « Si vous demeurez dans les commandements et les lois de Dieu, vous serez bénis par Dieu et par ses anges, dans le ciel, sur la terre et dans les champs. » (Deutéronome, 28,1, de mémoire). Il dit encore : «  Si vous ne gardez pas la Loi de Dieu et ses commandements, vous serez maudits dans votre maison, au-dehors et sur le chemin. Que soient maudits ton pain et ton eau, que tu bois, et toi, que tu sois un émigré et que tu ne puisses pas demeurer prospère »  (Deutéronome, 28,15, de mémoire). Moïse a ordonné de rassembler tout le peuple pour la fête des Tentes, et de lui lire la bénédiction et la malédiction ; et tout le peuple après chaque bénédiction et malédiction disait : Amen.

Voilà l’ordre ferme de saint Grégoire et des saints pères : que soient anathématisés aux cinq fêtes fondamentales de l’Eglise les schismatiques, les agitateurs, les devins et les pécheurs invétérés, comme ceux qui sont les complices des Sodomites et des Cananéens. Mais que les bienfaiteurs, au lieu de la malédiction et de l’anathème, reçoivent de Dieu la bénédiction et les grâces spirituelles car Dieu tout-puissant, miséricordieux et ami des hommes a donné ce monde aux créatures afin qu’il n’y ait pas de péchés ou d’injures mêlés à leurs supplications, afin qu’ils haïssent le menteur et le voleur, le méchant et celui qui souille la couche d’un autre, afin qu’ils le haïssent et le tuent sans pitié ; et cet exemple ne nous suffit pas. Donc, à celui qui est rapidement purifié de ses péchés et de ses mauvaises habitudes selon la loi, Dieu remettra aussi ses péchés anciens, tandis que celui qui persiste imperturbablement dans son manque de foi et son absence de repentir ne recevra ni le pardon des péchés pour son âme, ni la santé pour son corps, ni l’assurance pour ses biens.

Voici, moi, Vartan, Docteur de l’Eglise, le serviteur des chrétiens dans un corps faible, avec l’intercession de Saint Grégoire, j’ai écrit ces ordres et ces commandements de Dieu, dont Dieu s’est entretenu avec Moïse sur la montagne du Sinaï, et nous les adressons à tous les serviteurs de Dieu emplis de foi. Que les péchés de celui qui croit et accepte notre enseignement soient pardonnés par Dieu, et quant à celui qui ne croit pas, qui n’abandonne pas ses mauvaises habitudes et ne renie pas Satan, celui-là connaît lui-même son péché et le jugement de Dieu, et Saint Grégoire et nous-mêmes ne sommes pas responsables de son sang.

Gloire éternelle soit rendue au Christ ami des hommes. Amen.

 

 

 


© www.lusamut.net