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Vartan d’Ayguek
Traduit de l'arménien par Mariam Tancrez. Vous pouvez nous faire part de vos questions ou commentaires relatifs à cette traduction à l’adresse suivante : editorial-office@lusamut.net Nous serons heureux de les recevoir et de leur donner suite.
Exhortation du docteur de l’Eglise Vartan d’Ayguek au sujet du bavardage et de la malveillance Exhortation sur l’amour du Docteur de l’Eglise Vartan d’Ayguek Au sujet des orgueilleux et des rancuniers Exhortation de Vartan d’Ayguek adressée à tous les prêtres et au peuple des fidèles
Exhortation de Vartan d’Ayguek adressée à tous les prêtres et au peuple des fidèles
Dieu le Créateur ne donna pas aux lévites de part en héritage dans le pays d’Israël, mais leur réserva Son Autel et Son Arche d’Alliance. Il les établit prêtres sur son peuple, leur enjoignant de prélever sur celui-ci la dîme, de Le servir sans tache et en toute sainteté, et d’avoir la jouissance de ses dons (Nombres 19,21-24). Lorsque les prêtres péchaient, Dieu lui-même exerçait sa vengeance sur eux, en les faisant souffrir, les réprimandant et les couvrant d’opprobre. Le fils de Dieu, Jésus-Christ, fit de même dans les derniers temps, en établissant les apôtres, puis les patriarches et les prêtres, intendants, pasteurs et gouverneurs de son peuple, qu’Il a racheté par Son Sang de l’esclavage de l’enfer et du péché. Il prescrit aux prélats et aux prêtres de se garder saints et sans tache au milieu du peuple sans instruction, et d’être un bon exemple, pour ne pas scandaliser les faibles, ainsi qu’Il l’avait précédemment commandé aux prêtres lévites. C’est pour cette raison que je vous adresse cette supplication, mes frères ordonnés prêtres, mes coreligionnaires, héritiers des bienfaits promis par Dieu. Considérez votre rang et votre distinction, et fortifiez-vous ; soyez prêts et demeurez éveillés parmi les hommes, parce que vous êtes le sel qui donne sa saveur à l’insipidité des hommes, et la lumière qui repousse les ténèbres loin des hommes (Mat.5,13-14). Et si vous répandez les ténèbres par vos péchés, qui vous éclairera ? Ou, si vous perdez votre saveur, vous serez foulés aux pieds. Observez le Christ et tous Ses saints, vous qui occupez leurs places, et, comme eux, soyez humbles, doux, patients, longanimes et magnanimes ; alors, le Christ agréera votre prêtrise. Mes fils, les apôtres et les patriarches ont écrit qu’il y a une prêtrise qui est de Dieu ; appartiennent à Dieu le doux, l’humble, le magnanime, le patient, le miséricordieux, le saint, celui qui aime la prière, le compatissant, celui de mœurs décentes, celui qui prêche aux pécheurs et celui qui montre le bon exemple au peuple. Il y a aussi une prêtrise qui est du diable ; appartiennent au diable et à ses démons le fornicateur, celui qui se souille, l’orgueilleux et le rancunier, celui qui jalouse et celui qui hait, le médisant et le coléreux qui maudit alors qu’il est vain de maudire, le paresseux et l’ivrogne, le vorace et le cupide, le provocateur et l’agitateur, de qui je prie le Christ de vous garder, ainsi que nous et tous les prêtres. Parce que celui d’entre eux qui célèbre la messe sans s’être auparavant repenti dans son cœur, héritera de la part de Juda et de ceux qui ont crucifié le Christ et, en brûlant dans le feu inextinguible avec satan, connaîtra les tourments éternels. Car de même que cet honneur que Dieu nous a fait et que les anges ont ardemment désiré est grand devant les hommes, ainsi notre souffrance sera terrible et amère si nous ne marchons pas droitement selon la volonté de Dieu. Si vous œuvrez selon l’exemple véridique et bon, par vos paroles et votre doctrine, et détournez du mal le pécheur, vous êtes appelés la bouche de Dieu (Jérémie15,19) et recevez en héritage un double honneur avec les apôtres et les prophètes. Car le Christ vous a établis intendants afin que vous enjoigniez, avertissiez et conseilliez, et si vous ne faites pas cela, le Christ vous réclamera le sang des pécheurs (Ezéchiel 3,17). Parce que si vous vivez dans le dérèglement de vos péchés, comment pourrez-vous conseiller le pécheur, le réprimander ou l’instruire ? Car le Christ, les apôtres et les autres saints faisaient d’abord eux-mêmes le bien avant de le prêcher aux autres : et ceux-là écoutaient de bon gré et s’engageaient dans la voie du bien. Le prêtre qui consulte les sorciers, les devins ou les astrologues et qui croit en leurs mensonges ne doit plus célébrer la messe, ainsi que les saints patriarches l’ont décidé à Nicée. De même s’il vole, commet un adultère, jure par un serment, ou entretient un quelconque commerce avec les devins, car alors il a lié sa personne aux démons ; parce que vous, les prêtres, êtes appelés les messagers du Dieu tout-puissant, la langue du Christ et les semblables des apôtres, qui sans cesse prêchez la loi et la volonté de Dieu et réjouissez Dieu. Mes frères, regardez les premiers prêtres qui livrèrent leur vie pour le peuple, et conduisez-vous de même, selon vos possibilités, car cette époque est mauvaise et vous vivez parmi des hommes iniques. « Sois prudent, fils d’homme, car tu habites au milieu des scorpions » (Ezéchiel 2,6 de mémoire). Ceux-ci alourdissent votre moindre péché et minimisent le mal qu’ils ont commis. Pour cette raison, malheur à nous, mes enfants, car le Christ exigera le centuple en réparation de nos péchés, et nous livrera à d’atroces et amères souffrances. Et toi, ô peuple, ne sois pas juge et censeur de tes évêques et de tes prêtres, car cela ne te sied pas du tout et ne t’a pas été commandé par Dieu ; aussi ne t’arroge pas le siège de juge dans le tribunal du Christ car Il est seul censeur et juge des prêtres, celui qui, au jour du jugement, retirant de nos ongles ce qui nous apparaît comme un cheveu, en sortira une montagne. Il t’a été commandé d’écouter les prêtres et de te soumettre à leurs paroles et leurs sermons, et non pas d’examiner leurs actes, de t’inquiéter et de les juger. Pour cette raison, je te supplie, ô peuple de Dieu, honore tes évêques comme le Christ, et les prêtres comme les apôtres et les envoyés de Dieu ; sers-les sans réserve et de façon parfaite ; acquitte-toi entièrement de ta dette envers l’Eglise de Dieu, ainsi que l’Eglise l’a déterminée, car telle est la première part prélevée pour Dieu sur tes ressources et sur tes gains, que tu donnes de bon cœur à l’Eglise. Malheur à celui qui frustre l’Eglise, parce qu’il frustre Dieu et les âmes de ses défunts. En effet, l’Eglise est la mère spirituelle et la procréatrice, tandis que les saints Fonts baptismaux sont la matrice par laquelle nous sommes devenus fils de Dieu et avons été délivrés de notre servitude à satan : nous devons donc aimer notre mère spirituelle l’Eglise plus que notre mère dans la chair, car notre vie et notre mort à tous sont jalonnées par les cérémonies du baptême, du mariage et de l’enterrement, ainsi que par toutes les célébrations des prodiges accomplis par Dieu et de l’Incarnation, qui vous sont données par le prêtre, en Eglise et par la Croix. A cause de tout cela, ne jugez pas le prêtre de Dieu, mais laissez le jugement à Dieu ; parce qu’il vous est impossible d’être chrétien, de vivre et d’accomplir votre christianisme sans prêtre. Lors du mariage, du baptême et de la confession, la grâce du Saint Esprit est donnée par l’intermédiaire du prêtre, lequel peut être saint ; mais même un prêtre pécheur, de par son ministère, peut, en cas de nécessité, marier, baptiser, communier les fidèles et les confesser, et Dieu vous donne par son intermédiaire Sa grâce et Son pardon, et le punit selon ses péchés. Pour vous servir d’exemple: les anneaux d’or et d’argent, servant à marquer les cierges du sceau royal, laissent dans les deux cas la même image du roi sur le cierge. Cependant, l’office divin doit être célébré par un prêtre saint, afin que Dieu se réconcilie avec les vivants et les morts, car un office indigne célébré par un prêtre indigne fait redoubler la colère de Dieu contre le monde plus que tous les autres péchés. De même, celui qui communie au Corps et au Sang du Fils de Dieu d’un cœur non repentant et rempli de péchés, à cause des éloges et de la gloire reçues des hommes, ou en raison de la crainte et de la honte, celui-là sera compté parmi ceux qui ont crucifié le Christ et souffrira avec eux, car il a, de par son arrogance, insulté le Fils de Dieu. Pour cette raison, je supplie prêtres et fidèles de se garder de communier ou de célébrer l’office divin indignement, et de fuir loin de ce péché comme d’un feu, car tous les autres péchés concernent notre personne, mais celui qui commet un péché dirigé contre Dieu devient déicide. Honorez le dimanche par vos bonnes œuvres, car il est le jour de la résurrection et de la libération. En effet, Dieu a créé le monde le premier jour, qui est un dimanche, et de même, c’est un dimanche que Moïse fit passer le peuple d’Israël à travers les eaux de la Mer Rouge, et le Christ, qui est né du cœur de Dieu le Père, est ressuscité des morts un dimanche. Celui qui, le dimanche, mange une nourriture avant le renvoi de la liturgie, sauf s’il est enfant, malade ou femme enceinte, et n’est pas en nécessité de le faire, souffrira avec les prostituées, car il a méprisé le dimanche et le fils de Dieu. Tandis que le prêtre doit s’efforcer de célébrer la liturgie du dimanche en matinée, puisqu’il est en situation de le faire le samedi et le dimanche, pour ne pas être puni lui-même par Dieu. Et celui qui, habitant près de l’église et se trouvant inoccupé, sans grande contrainte et en bonne santé, demeure toutefois assis sans se rendre à l’église ni prier lors de la Célébration liturgique, celui-ci souffrira avec les prostituées, car il a considéré comme rien le redoutable Mystère. Sachez donc, mes fils, que se rendre à la liturgie, et prier pendant le court temps de sa durée, demander la rémission des péchés pour les ennemis et les êtres chers, comme a intercédé Etienne pour ceux qui le lapidaient, et le Sauveur, pour ceux qui le crucifiaient, est un grand bien et un profit infini pour le corps et pour l’âme. Mais le Christ n’entendra pas la prière de celui qui prie d’un cœur orgueilleux et rancunier. Comprends donc, à nouveau, ô peuple de Dieu, que, de même que notre prêtrise est une perte et non un gain, si nous faisons le mal, ainsi, ta foi chrétienne ne te sera d’aucun profit ou utilité, si tu fais le mal. C’est ainsi que parlent Dieu et Ses saints, puisque le Christ dit : « Ce n’est pas celui qui me confesse Dieu et Maître qui entrera dans le royaume de Père, car, même les démons ont confessé et confessent que Je suis Dieu, mais celui qui, tout en Me confessant, accomplit aussi la volonté de Mon Père ( Matth 2,19, de mémoire) ; et la volonté de Mon Père est l’humilité, la magnanimité, la miséricorde et la compassion, la sainteté et la prière, la modestie et ne pas garder le péché dans son cœur. » C’est ainsi que parle aussi le saint apôtre Jacques : « La foi sans les œuvres est morte. » (Jacques 2,26).
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