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Sur les traces du jour
Ce jour est ce que j’ai de plus précieux, Et chaque jour est un mystère pour moi ; Chaque jour se grave d’une façon unique en nos cœurs.
23.08.2003
Je suis sûr que chaque homme analyse son vécu quotidien ; il est indispensable et obligatoire que les heures vécues deviennent mots et phrases.
23.08.2003
Jamais la prière ne ricane, ne plaisante ni ne raconte d’histoires drôles. Elle demeure toujours silencieuse ou s’efforce de le rester, muette, patiente et magnanime, sans jamais blesser, nuire ou tourmenter, subtile comme le zéphyr, prête à s’émouvoir, sincère et pure. Elle est incapable de se gausser, de flatter, médire, maugréer, s’esclaffer ou penser aux menus problèmes du monde. Dans la rue, ses yeux demeurent clos, et dans l’église, ils demeurent fixés sur l’autel ; elle aime regarder le ciel, même lorsqu’elle semble regarder le sol. Nous désirons tous voir Dieu… Moi, je connais quelqu’un qui peut vous Le montrer. Son nom est Prière.
28.08.2003
Cette sollicitude silencieuse de Dieu… Chaque soir, lorsque le jour s’assombrit, pour un exilé loin de chez lui comme moi, le ciel devient comme une mère qui me prend dans ses bras et commence à me bercer, et je commence à oublier les tiraillements du jour. Je sens seulement que les étoiles qui naissent au ciel réchauffent mes lèvres comme la poitrine d’une mère. Et dans ce chaleureux engourdissement fondent tous mes soucis, et moi, heureux de la sollicitude silencieuse et désintéressée du ciel, je cligne lourdement des yeux. Il semble que ma dernière prière d’action de grâce devienne souffle du vent frais qui vient des étoiles. Mes yeux se ferment… Merci, ô Ciel.
02.09.2003
Lorsque je sens que les hommes me délaissent, je comprends que c’est moi qui ai délaissé Dieu, mon Maître.
03.09.2003
Nous avons dans l’église des offices à heures diverses : office du soir, du matin, de l’aube, office de la table, et cetera. Mais au-delà de tout ça, l’office de mon silence, les offices de mes tristesses spirituelles, les offices de ma respiration oppressée concluant mes méditations, le silence blotti dans mon lit…Ces réalités, qui font tourner le tour de mon cœur, élèvent le cri de mon âme vers Dieu plus que les offices réglementaires. Dans de tels moments de silence, je peux parfois entendre les battements de mon cœur, qui deviennent cloches d’église en mes oreilles. O combien de fois suis-je vaincu par ces moments silencieux et inoubliables !... Mes prières silencieuses, je ne peux les expliciter, mais Dieu, oui !
10.09.2003
Moi, je suis chez moi, parce que ma maison est la prière, parce que la prière est le lieu de mon repos.
19.09.2003
Le christianisme n’est pas la vertu, c’est l’Amour !
24.09.2003
La solitude est un bannissement. Dieu n’est jamais seul, et Dieu n’est jamais absent. La révélation de la présence de Dieu dans nos vies bannit la solitude.
25.09.2003
Comme je suis déçu, lorsque la plénitude du silence est dérangée par la présence vide de la télévision !
12.10.2003
Le christianisme est souvent considéré comme la seule source du bien, de la vertu et de la vie familiale harmonieuse, et cetera. Il est possible de trouver des exemples de bien, de vertu et de vie familiale harmonieuse hors du christianisme, et même dans l’athéisme, aussi, en analysant bien la question, nous constatons que le christianisme est d’abord la foi et la révélation de la présence de Dieu dans nos vies, d’où découlent toutes les vertus. L’athée aussi peut être vertueux (par un don de Dieu, car, en fin de compte, toutes les vertus viennent de Dieu), mais l’esprit qui l’anime est différent, les façons de leur donner vie sont différentes. Les œuvres réalisées au nom de Dieu et les œuvres vertueuses réalisées sans Dieu sont différentes. Il faut avoir des yeux pour voir tout cela, et une âme pour le recevoir.
09.01.2004
Que cherche l’homme ? L’amour parfait et la vie éternelle, c’est-à-dire : l’homme cherche Dieu.
10.02.2004
Seigneur, que ne manquent jamais ces larmes que Tu nous donnes pour se déverser devant Toi, afin que les jardins de notre âme ne se désertifient pas. C’est par ces larmes que Tu nous protèges de l’ennemi, c’est par ces larmes que Tu nous fais toucher l’éternité, et nous fais communier à l’amour parfait.
16.03.2004
Je n’ai aucun doute sur la sainteté impartie à l’ordre de la prêtrise, et je suis également certain que nous tous, prêtres, nous sommes changés par l’ordination, mais j’ai des doutes sur la véritable nature de ce changement. Nous affirmons tous unanimement que les grâces du Saint Esprit sont opérantes, mais quelquefois c’est le héros trompeur, et aussi flagorneur et hypocrite, celui qui a une vive conscience du rang de la prêtrise et qui tranche la question de la dignité ou de l’indignité personnelle en se prétendant élu et digne, qui opère en nous et qui nous coupe de notre réalité toute simple, en jetant un voile sur les faux porteurs de vertus inexistantes. Soudain, un jour, le rideau de l’hypocrisie se déchire… Et si nous retrouvons notre vie toute simple de prière, nous retournons alors à notre réalité toute simple, et nous prenons conscience et ressentons la chaleur jaillissante et enfantine de l’Esprit Saint, qui commence réellement à nous transformer et à habiter en nous, à nous faire vivre. Je désire ne pas rester toute une vie loin de cette belle expérience et, avec chaque battement de mon cœur, garder en moi cette présence, la plus chaleureuse et la plus sainte, comme le feu sous la cendre, en priant ainsi: « Dieu, ne permet pas que je me dupe moi-même par une contrefaçon de la prêtrise, tout en la maculant, mais aide-moi, moi, ton serviteur, à trouver ma prière, claire et continue, car c’est la prière qui est la véritable prêtrise.
20.03.2004
Il faut que je me cloître à l’écart du prince de ce monde, afin que je puisse ressentir la douceur de la lumière.
07.05.2004
Les sentiments impétueux s’élevant au-dessus de cette terre sont vitaux, pourtant l’être se mouvant dans l’espace et le temps ne se choque pas seulement contre ces sentiments. Le monde chaotique, infini et sans commencement de la découverte, semblable à une fillette inexpérimentée, ne peut donner la juste qualification à ces chocs déchirants, angoissants et effrayants. Nous changeons en couleur les réalités multiformes, qui deviennent ensuite images ou mots, en continuant à s’enfoncer davantage dans notre propre chaos. Les mots deviennent idées et les idées commencent à recevoir une qualification positive ou négative, chaude ou froide. Ensuite, nous commençons, selon nos propres sentiments et désirs, à déterminer et à définir par nous-mêmes ces frontières. La vie commence à avoir deux visages pour nous, ce qui, dans notre inconscient, reçoit la qualification de bon ou mauvais, de bien ou mal, de péché ou d’innocence. Parfois, nous portons le masque du péché, parfois, celui de l’innocence, parfois, nous sommes dans l’un, ou dans l’autre, continuant à vivre dans notre anomalie, content ou mécontent, joyeux ou triste, dans les larmes ou dans le rire. La voie pour sortir de ce chaos, c’est … le suicide…mais non pas physique…Et si nous ne sommes pas parvenus jusqu’alors à nous révéler à nous-même la nature de notre labyrinthe, si nous ne sommes pas parvenus à la prise de conscience de la mort et du suicide, de la nécessité d’être crucifiés… Oui, qui peut tuer en moi mon chaos ? Si c’est moi, alors il faut que je sois convaincu et sûr de ma décision, afin de trouver en moi la force de mettre à mort mon chaos intérieur, de me suicider, de m’appauvrir, de m’appauvrir de mon chaos personnel ou de mon anomalie. Il y a quelqu’un qui est toujours prêt à nous crucifier, mais nous ne sommes pas encore prêts à être crucifiés, à mourir, ou à nous suicider ; nous ne sommes pas prêts à …nous appauvrir. Dans la vie spirituelle, pensant au voeu de pauvreté, nous songeons souvent aux biens matériels, mais, en réalité, le vœu de pauvreté concerne d’abord la pauvreté spirituelle : « Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux ». Il s’agit de s’appauvrir en esprit de ce chaos humain, la duplicité, qui nous fait être en même temps lumière et ténèbres, et faire le mal tout en prenant la décision de renoncer au mal. C’est difficile…, mais nous sommes obligés, depuis le chaos de notre humanité voilé par les lumières électroniques et artificielles, et les flashes, de marcher vers la Lumière véritable n’engendrant aucune fatigue, vers la Réponse à toutes nos questions. Voici la voie de sortie de la partie centrale du labyrinthe de la vie : le chemin de la crucifixion de notre âme et de notre nature, souffrantes des expériences renouvelées du suicide quotidien.
04.06.2004
La prière est le bonheur de cette vie.
28.10.04
Mon voyage et mon étude en Europe m’ont appris une chose : ressembler à ce petit garçon qui joue dans la rue avec ses camarades à des jeux enfantins. La richesse de la vie est cachée dans la simplicité. Dieu a caché le sens de la vie dans une simple goutte d’eau. Et finalement, la simplicité, c'est-à-dire : être simple et ordinaire, c’est le plus grand cadeau que nous ayons. C’est par là que nous commençons à connaître Dieu.
24.06.2005
O mes jours perdus, auxquels je n’ai jamais pensés, et que j’ai reçus de Dieu en cadeau à chaque aube nouvelle, dont je n’ai plus aucun souvenir, ô moments de vie perdus, qui m’avez, par votre perte, apporté la maturité ! Que soit béni Celui qui m’a offert ces pertes, mes pertes bénies, qui m’ont porté jusqu’au crépuscule de ce jour. Mes jours perdus, qui m’étreignant, jour après jour se sont succédé l’un à l’autre… Je vous ai oubliés, et me souviens seulement qu’Hier de son sein m’a tendu à Aujourd’hui, et qu’Aujourd’hui déjà désire me confier au sein de Demain. Que soit béni Celui qui m’a offert ces pertes, et que mon aujourd’hui vous raconte ma douleur de vous avoir perdus.
03.07.2005
J’ai trouvé un autre synonyme au mot « bonheur », c’est : « donner ». Donner même la part d’amour pour Dieu qui est la mienne, sans pourtant la vivre ni la posséder, mais qui constitue le sens de ma vie. Donner tout spécialement ce que je n’ai pas.
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